ENGINEERINGNET.BE - Aujourd’hui produit par distillation du pétrole, l’heptane est un composant majeur des carburants, notamment aéronautiques, et sert aussi de solvant industriel.
Pour en produire sans utiliser la moindre goutte de pétrole, des chercheurs du BIAM (Institut de biosciences et de biotechnologies d'Aix-Marseille) ont conçu un procédé inédit combinant biologie synthétique, lumière et co-culture microbienne.
Une première bactérie fabrique un précurseur, l’acide octanoïque, qu’une seconde transforme en heptane grâce à une photoenzyme, c’est-à-dire une enzyme utilisant la lumière comme source d’énergie.
Ce procédé de production biosourcée d'heptane ouvre ainsi des perspectives pour réduire les émissions de CO2 - puisqu’il capte directement celui déjà présent dans l’atmosphère - tout en limitant l’usage de catalyseurs et procédés chimiques.
Le système bactérien développé s’est montré stable et reproductible sur plusieurs jours, un élément essentiel pour envisager un futur passage à l’échelle.
Autre atout majeur de cette approche : sa production sélective d'heptane pur permet de réduire les coûts des procédés de purification contrairement à d’autres procédés biologiques.
L’heptane biosourcé issu de ce procédé pourrait ainsi ouvrir des perspectives pour la production de solvants verts et d’autres composés d’intérêt industriel mais aussi contribuer au développement de carburants alternatifs durables, notamment pour l’aviation (SAF).
À cette fin, les chercheurs travaillent déjà sur des pistes pour accroître encore les performances du système.