ENGINEERINGNET.BE - Contrairement à la réalité virtuelle (RV), qui plonge les utilisateurs dans un monde entièrement créé par ordinateur, la RA ajoute des informations et des objets numériques à la réalité.
De cette façon, ces images virtuelles semblent faire partie du monde réel. À l'aide d'écrans qu'ils portent sur la tête, les chirurgiens peuvent projeter directement sur le patient des données anatomiques spécifiques et des points de navigation chirurgicale sous forme d'informations tridimensionnelles.
En collaboration avec une équipe d'ingénieurs de la VUB, les médecins du service de Neurochirurgie de l'UZ Brussel ont réussi à mettre au point ce système de haute technologie.
Ils sont parvenus à développer leur propre système de navigation chirurgicale basé sur la RA, utilisant le Microsoft HoloLens II, qui répond avec une précision submillimétrique aux exigences strictes de précision requises pour la chirurgie du cerveau.
Après des tests concluants réalisés sur des modèles en laboratoire, qui ont permis de confirmer la précision du système, la navigation chirurgicale en RA a été utilisée lors de la pose de 11 drains cérébraux (EVD) chez des patients qui en avaient besoin en urgence, par exemple après un accident ou une hémorragie cérébrale.
Leurs résultats ont été comparés à ceux de 11 patients chez lesquels le drain a été posé selon la technique classique à main libre. L'étude a notamment démontré que :
- lors de l'utilisation de la RA, un placement fonctionnel permettant un drainage efficace du liquide céphalo-rachidien a été obtenu en une seule tentative dans tous les cas, contre 7 sur 11 avec la technique à main libre ;
- le placement réussi du drain dans la position anatomiquement correcte a été obtenu dans 9 des 11 placements guidés par RA (dont 8 optimaux) contre 5 des 11 placements à main levée (dont 3 optimaux) ;
- aucune réintervention n'a été nécessaire dans le groupe RA, contre 4 réinterventions avec la technique à main levée ;
- non seulement il y a eu moins de complications dans le groupe AR (2 contre 5), mais aussi que toutes les complications dans le groupe à main levée, telles que les hémorragies cérébrales, ne sont survenues que lors des réinterventions et auraient donc pu être évitées par une mise en place fonctionnelle immédiate comme dans le groupe AR.
Sur la base de ces résultats prometteurs, les chercheurs préparent actuellement une étude multicentrique randomisée à plus grande échelle, prévue pour 2026