ENGINEERINGNET.BE - Le secteur de la construction est aujourd'hui responsable de près de 9 % des émissions mondiales de CO2.
C'est pourquoi les chercheurs du monde entier développent des alternatives au ciment traditionnel. Le mortier de soufre constitue une solution particulièrement prometteuse.
Contrairement au béton classique, il ne contient ni ciment ni eau, mais est fabriqué à partir de soufre, un sous-produit de l'industrie pétrolière et gazière qui est aujourd'hui souvent stocké sans réelle valorisation.
Ce matériau présente en outre un autre avantage majeur : il est entièrement recyclable, puisqu'il peut être chauffé, remodelé et réutilisé à plusieurs reprises.
Jusqu'à présent, un défi majeur subsistait toutefois. Lorsque des fissures apparaissaient au cours de la durée de vie du mortier de soufre, il n'existait aucune méthode efficace permettant de réparer ces dommages sans remplacer entièrement l'élément concerné.
Une équipe de chercheurs - BATir, Ecole polytechnique de Bruxelles, ULB - a trouvé une solution. En incorporant une faible quantité de graphite au mortier de soufre, celui-ci devient sensible aux micro-ondes.
Lorsqu'un élément fissuré est brièvement exposé à un rayonnement micro-ondes, le graphite chauffe localement le soufre, qui fond, s'écoule dans la fissure puis se solidifie à nouveau. Le matériau est ainsi capable de se réparer sans intervention ni remplacement.
Selon les chercheurs, cette technologie ouvre la voie à une nouvelle génération de matériaux de construction « intelligents » pouvant être mis en place localement et réparés de manière ciblée sans nécessiter de grands travaux d'infrastructure.
Elle présente un intérêt particulier pour les environnements agressifs, tels que les réseaux d'égouts, les installations chimiques ou les infrastructures industrielles, où les bétons traditionnels se dégradent plus rapidement. (Source: ULB)