ENGINEERINGNET.BE - Avec plus de 61 000 nouveaux cas en France en 2023, le cancer du sein est le premier cancer et la première cause de décès par cancer chez les femmes.
C’est une maladie hétérogène, pouvant évoluer rapidement, et au stade métastatique, il n’existe que très peu de biomarqueurs permettant d’orienter le choix de traitement.
Il est donc nécessaire aujourd’hui de développer des outils permettant de guider les soignants vers des traitements personnalisés et adaptés à chaque patiente, et ce dans des délais compatibles avec la pratique clinique.
Organoïdes tumoraux, xénogreffes dérivées de patients, tumeurs sur puce … : différentes méthodes de modélisation 3D des tumeurs sont en cours d’exploration actuellement et en particulier dans les laboratoires de l’Institut Curie.
Ces diverses technologies visent à réaliser des tests fonctionnels (pour évaluer l’efficacité des traitements) afin de prédire la réponse des patientes aux différentes molécules thérapeutiques.
Les chercheurs ont construit des modèles 3D de tumeurs dérivés de cellules des patientes, répliquant la diversité de l’écosystème tumoral ainsi que les paramètres physico-chimiques des tissus.
Ces modèles sont des systèmes miniatures fabriqués grâce à la microfluidique, maintenus dans des environnements contrôlés, appelés tumeur sur puce (tumor-on-chip en anglais).
L’équipe a comparé les résultats de sensibilité et résistance aux traitements (chimiothérapie, anticorps conjugués) établis par les tumeurs sur puce avec ceux obtenus par la méthode dite in vivo des xénogreffes dérivées de patients.
Dans 88% et 91% des cas respectivement, les résultats sur puces correspondent à ceux obtenus in vivo, et ont été obtenus en seulement 4 jours.
Cette étude preuve de concept valide ainsi une étape importante de faisabilité de cette méthode. Prochaine étape : la validation de ces résultats dans un essai clinique, indispensable avant d’intégrer cette technologie dans la pratique clinique.
Celui-ci est prévu pour le deuxième semestre de 2027 et sera coordonné par le Dr Stéphanie Descroix et le Dr Luc Cabel, oncologue médical à l’Institut Curie et co-dernier auteur de cette étude. (Source: CNRS)