Le secteur nucléaire reporte ses investissements

Une nouvelle étude d'Agoria révèle que la Belgique compte une chaîne de valeur nucléaire regroupant quelque 260 entreprises, représentant 8 300 emplois. Le secteur nourrit des ambitions de croissance, mais les projets concrets se font attendre.

Mots clés: #Agoria, #investissement, #nucléaire, #étude

Lire plus

Columns

( Photo: Agoria )

ENGINEERINGNET.BE - Après des années de doute et d’immobilisme, l’énergie nucléaire connaît un nouvel élan.

Le gouvernement fédéral a amorcé la relance du nucléaire et, partout dans le monde, de plus en plus de pays prolongent la durée de vie de leurs réacteurs, planifient de nouvelles capacités et développent de petits réacteurs modulaires (SMR).

La Belgique ne part pas de zéro. Après deux décennies de politique de sortie, notre pays dispose toujours d’une industrie nucléaire vaste et diversifiée.

Forte de plusieurs décennies d’expérience avec ses propres centrales, la Belgique compte des entreprises particulièrement compétentes dans l’exploitation, la maintenance et le respect des exigences de sûreté strictes et spécifiques qui y sont associées.

Citons notamment les techniques de construction spécialisées, les systèmes de refroidissement des réacteurs et des tours de refroidissement, ainsi que l’expertise dans la gestion et le recyclage des déchets nucléaires.

Bart Steukers (photo), CEO d'Agoria: « La Belgique a besoin d’un mix énergétique abordable, fiable et bas carbone, ouvert à toutes les technologies. Le nucléaire en fait partie, aux côtés des énergies renouvelables, du stockage, de la flexibilité et des solutions innovantes. Il fournit l’électricité abordable et stable dont notre industrie et notre société ont besoin pour s’électrifier.

L’importance d’une industrie nucléaire forte dépasse donc largement le secteur lui-même. Mais cette industrie a également besoin de projets dans notre pays. Sans projets belges, les entreprises risquent de perdre leur savoir-faire et leurs références, et donc de manquer des opportunités à l’étranger. »

L’ambition est forte, mais elle se traduit encore insuffisamment en commandes. Le secteur attend clairement un signal fort.

Grace à une politique prévisible avec une planification concrète des projets, notamment pour les SMR, le chiffre d’affaires pourrait passer en deux ans de 9,5 à 12,2 milliards d’euros (+28 %), avec 400 emplois supplémentaires.

Si les principaux obstacles politiques étaient également levés, il pourrait atteindre 12,8 milliards d’euros (+35 %) et générer 500 emplois supplémentaires.

Les investissements augmenteraient alors eux aussi de 21 %, passant de 438 à 530 millions d’euros.

Lire l'étude complet >